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+ 385 kg de lait par vache grâce aux index personnalisés GHP

Les premiers résultats du programme génétique GHP affichent un impact économique de +155 €/VL/an.

Le programme « Génétique haute performance » de Gènes Diffusion revisite les plans d’accouplement en élevage laitier avec la prise en compte du facteur environnement dans la prédiction des performances. Quatre ans après son lancement, il affiche des premiers résultats au-delà des prédictions initiales.

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Il y a actuellement 294 élevages engagés dans le programme GHP de Gènes Diffusion. Lancée en 2021, cette innovation génétique consiste à prendre en compte l’environnement dans la prédiction des performances génétiques. « La génétique est responsable à hauteur de 30 % des performances d’un animal alors que l’environnement l’impacte à 70 %, rappelle Guillaume Guilbert, technicien génétique chez Gènes Diffusion. Avec GHP, on s’intéresse à cette part d’environnement pour savoir comment va réagir la génétique en élevage. »

On adapte la génétique au contexte de l’élevage.

Concrètement comment ça marche ? « Dans un élevage, on commence par constituer une dizaine de groupes d’animaux qui se ressemblent de par leur génétique. Dans chaque cluster créé, on identifie l’animal le plus représentatif et on va analyser son microbiote intestinal. Intestinal et non pas ruminal car ce dernier est trop instable en cas de changement de ration alors que le microbiote intestinal est plus stable sur 1 an [car l’analyse est refaite chaque année, NDLR]. Cette analyse du microbiote est un vrai mouchard de l’environnement, il explique les variations de performances génétiques d’un élevage à l’autre, voire d’un animal à l’autre au sein d’un même troupeau. » Car, un même taureau utilisé sur des jumelles dans deux élevages distincts ne donnera pas les mêmes résultats à cause notamment du facteur environnement.

Guillaume Guilbert poursuit : « Pour prédire les performances génétiques en élevage laitier, on combine donc dans le programme GHP les informations issues du génotypage, le contrôle de performances et le microbiote. »

Des index personnalisés sur la voie mâle ET femelle

Ces informations croisées permettent d’enrichir les index génétiques standard ; ils s’adaptent à chaque troupeau, et même à chaque animal. Ainsi lors du plan d’accouplement, l’éleveur dispose d’un index personnalisé pour chaque taureau adapté à son environnement. Et Gènes Diffusion va plus loin aujourd’hui avec la personnalisation des index sur la voie femelle. « L’objectif est de pouvoir trier les femelles avec plus de finesse, notamment pour la stratégie de renouvellement et la pertinence des accouplements », explique Guillaume Guilbert qui rappelle aussi que ce programme est disponible en races Holstein et Normande.

+ 385 kg de lait/VL/an

Quatre ans après le lancement, Gènes Diffusion dispose des premiers résultats complets puisque les génisses issues du programme ont achevé leur première lactation. La coopérative a pu faire des comparaisons dans 19 cheptels avec 300 animaux nés 3 mois avant GHP et près d’une centaine nés après. Et les résultats sont au-delà des prédictions initiales : « En lait, on visait une hausse de 250 kg et on est au final à + 385 kg de lait. » Le technicien poursuit : « S’il n’y a pas d’impact sur le TP, on perd 0,3 point de TB, ce qui est un peu logique quand on part sur des taureaux hyper laitiers comme le fait le logiciel GHP. Au final, on arrive à + 155 €/VL/an de gain avec un prix à 450 €/1000 litres. »

Le logiciel permet aussi de se comparer, au département et aussi aux autres éleveurs GHP. « Avec les index modulés en lait, TP, TB et cellules, on sait où il faut appuyer lors de l’accouplement. Ces index se traduisent en performances donc si la quantité de lait augmente de génération en génération, c’est un impact économique non négligeable », tient à rappeler Guillaume Guilbert.

Un forfait « doses illimitées »

Combien ça coûte ? Avant de parler prix, le technicien cite quelques conditions pour entrer dans le programme GHP : « Il faut que l’élevage soit à l’état civil bovin, qu’il ait des données de performance (contrôle laitier ou données de robot accessibles) et que son troupeau soit génotypé. Alors forcément, s’il n’a aucun animal génotypé, ça représente un gros investissement au départ [compter 34 €/femelle pour le génotypage, NDLR] puisqu’il nous faut environ 90 % des vaches en lactation génotypées pour démarrer. »

La génétique est un levier de rentabilité en élevage, il faut le voir comme un investissement.

Dans les coûts GHP, il y a l’analyse du microbiote (550 €/an) puis un forfait de 54 € par vache en Holstein [44 € en Normande], en doses illimitées (tarif auquel s’ajoutent le coût de la mise en place et le surcoût du sexage à 20 €/dose en cas de semence sexée). « Quel que soit le nombre de doses utilisées, on reste sur 54 € par vache, insiste Guillaume Guilbert. Il n’y a pas de gestion de stock, c’est un forfait par femelle. D’ailleurs, certains éleveurs en profitent pour avancer la mise à la reproduction de leurs génisses », avoue le technicien. 

Quid des éleveurs IPE ? « Le forfait de 54 € leur donne droit à 2 doses par vache, ils devront payer les doses supplémentaires. » Aussi, si l’éleveur achète des semences extérieures à Gènes Diffusion, leurs index ne seront pas modulés et le coût sera de 54 € quand même. Et concernant le croisement industriel ? « La vache sort du système GHP, l’éleveur paiera sa dose au prix classique. » D’ailleurs pour simplifier les choses, tout est planifié à l’avance : « On prévoit une fois par an le nombre de femelles à inséminer, le nombre de semences sexées utilisées et la facture GHP est lissée sur 10 mois puis on ajuste à la fin si l’éleveur a utilisé plus ou moins de paillettes sexées ou s’il a réformé des animaux plus tôt que prévu. »

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